ERSATZ DE REBELLE

Publié le par ...

Une petite explication concernant le titre de mon truc, tout d'abord...

J'ai eu l'occasion d'écouter l'album du rebelle télévisé de la 6, le grand gagnant du télé crochet immonde, même si un peu moins que celui de la une. Pas longtemps, je rassure tous le monde ! J'ai dû tenir 4 chansons avant de décrocher et de me balancer un petit truc bien plus sympathique (je sais plus si c'était Michael Franti -le sublime Yell Fire dont est extrait le titre placé sur TAZ Musik par Sinsé- ou un vieux Neil Young de derrière les fagots et datant de quelques dizaines d'années... A moins que ce ne soit le tout dernier Tryo -sic-...)

En supportant le début d'une telle merde, et devant tant de médiocrité littéraire z'et musicale, ma consternation allait grandissante !

« C'est ça, être rebelle ??? » me suis-je dit. Voilà un album qui porte bien son nom ! « Ersatz » !

Et je me suis rappelé m'être posé de nombreuses fois cette même question face à ce que trop considèrent comme l'expression de la révolte !

Le conformisme coule chaque seconde de ce truc que certains nomment album, et ça se vend !!! Ce truc qui se voudrait manifestement au croisement d'un Christophe et d'un Bashung, le talent en moins, se place dans le top des meilleures ventes !

Car, grande nouvelle, la « rebel attitude » fait vendre, elle se monnaie ! Mais attention, pas n'importe quelle rébellion ! Non ! La soft, celle qui ne lance pas de pavés, celle qui ne tague qu'à l'encre sympathique, celle qui porte en cache nez le foulard Hermès mais surtout pas celle qui crache à la gueule de la société !

Et oui, pas de chance pour nous, nous sommes bien trop sales, bien trop en marge, pour espérer tirer le moindre profit de notre propre (pardon, sale) rébellion !

Certains, ici même s'en sont surement aperçus, vu le nombre de ceux qui nous côtoient silencieusement... Ne pas trop se mouiller ! On peut se prétendre rebelle du fond d'un fauteuil, sans se mouiller, ça créé une certaine aura (aura pas ?) et ne mange pas de pain ! On peut se coller un t-shirt militaire, un piercing même pour les plus téméraires, afin de montrer à tous sa rebel-attitude, encore faut-il rester dans les limites monnayable de cette rébellion ! L'uniforme, oui, mais juste pour coller à la mode !

Parce qu'il s'agit bel et bien d'un phénomène de mode ! Être un dur, c'est in ! Et le regard des autres est important, pour ça !

Désolé pour ce tas de cons, je connais pas mal de personnes à la cheville desquels votre rébellion de sweatshop n'arrive pas ! Et pourtant, la plupart sont sapés comme des sacs (ce qui, sous mes doigts, est tout sauf une insulte, mais c'était pour que l'image soit flagrante pour tous) !

Par contre, il est évident qu'il est bien plus compliqué, par écrit, de cacher un manque de réelle révolte... Cela deviens vite flagrant ! Et leur lutte s'arrête bien souvent à la porte de leurs intérêts !

Il faut se rendre à l'évidence, l'impression de révolte actuelle n'est rien d'autre qu'un phénomène de mode ! Et les marques ne s'y trompent d'ailleurs pas ! Tout est récupéré, y compris la révolte ! Cette « révolution » d'aménagement n'est rien d'autre, en fait, qu'un mouvement purement capitaliste, même s'il prétend s'en éloigner.

Notre « révolutionnaire » à roulette à tendance gildassienne en est un bon exemple ! En quoi réclamer l'aménagement du capitalisme est-il révolutionnaire ? 32 heures hebdomadaires... En quoi est-ce anticapitaliste ? Un esclave qui recevrait 10 % de coups de fouet en moins souffrirait-il moins ? Autoriser les malheureux ailleurs à venir être malheureux chez nous serait donc le summum de la contestation révolutionnaire ???

Non, bien entendu ! Toutes ces pseudo remise en cause, aussi sincères qu'elles puissent être, ne font que participer, par la présentation médiatique jouant sur la soi-disant frayeur des puissants, au muselage et à l'autocensure, remplaçant bien plus efficacement tout muselage par la force, grâce à cette limitation volontaire du niveau de contestation.

Le summum de cette connerie participative étant sans aucun doute tenu par la syndicratie à tendance cocker (sous les poils, les oreilles...)

Alors qu'il n'a jamais été aussi évident, pour beaucoup, que le système capitaliste est tout sauf un système égalitaire et humainement envisageable dans le cadre d'un monde libre et heureux, que même la participation à un « capitalisme à visage humain » est ouvertement et directement remise en cause par le capitalisme lui-même, malgré l'incurie d'une telle évocation, et qu'une réaction pourrait-être possible, nos syndicats montrent leur vrai visage en abaissant volontairement le niveau de contestation au minimum. Juste ce qu'il faut pour éviter la position « off », mais rien qui pourrait entrainer une quelconque réaction !

Sur un tract délibérément déconnecté de la réalité historique, expliquant la crise comme un phénomène récent au mépris de toute vérité, et malgré des discours, y compris parmi les plus fervents défenseurs du capitalisme, bien plus à gauche que le leur et qui montrent un certain cycle dans les crises, la CGT, pour ne pas la citer, vous préviens que votre salut passe par la seule réaction possible : le vote des prud'hommes !

La lutte s'arrête là ou commencent les intérêts, vous disais-je... Il n'y a qu'à voir la formidable manne financière que constitue la représentation prudhommale pour s'en convaincre !


Que l'appareil syndicrate se permette de tromper sciemment le peuple, rien d'étonnant, après des dizaines d'années de participation volontaire à la mise en place du servage travailliste. Ils l'avaient maintes fois démontré, comme en 68, par exemple...

Ce qui est par contre pénible, c'est de constater le niveau d'asservissement général, y compris parmi les militants syndicaux !

Pour notre part, nous ne nous laissons pas aveugler par cette contestation à la mode édulcorée, nous rentrons dans le lard de ces salopards qui nous exploitent et de ceux qui, directement ou indirectement, les y aident ! Qu'on se le dise !

Commenter cet article