Réforme de la Garde à vue.La démocratie progresse dangereusement: Même Ben laden en meurt!

Publié le par AZA EL ZYMO & les Encyclopédistes du Chaos

Un prévenu en état de manque gazé dans sa cellule avant de comparaître devant tribunal

LEMONDE.FR avec AFP | 06.05.11 | 21h18  •  Mis à jour le 07.05.11 | 15h35

 
  

 

Un toxicomane de 18 ans, très agité parce qu'il était en état de manque, a subi en cellule des pulvérisations de gaz lacrymogènes à la demande du président du TGI de Bayonne, Alain Tessier-Flohic. Le jeune homme devait comparaître pour des vols à l'arraché, a-t-on appris vendredi 6 mai de sources judiciaires.

Selon le journal Sud-Ouest, qui a révélé l'affaire, le toxicomane, torse nu, hurlait dans la salle des comparutions immédiates et se tordait de douleur en s'épongeant les yeux lorsqu'il a pénétré dans la salle, contraignant la magistrate présidant l'audience, Marie-Hélène Ville, à la suspendre et à appeler le service d'aide médicale d'urgence.

Le prévenu "hurlait et se tapait la tête contre les murs", explique le président du TGI, Alain Tessier-Flohic, précisant que la scène durait depuis "deux ou trois heures" quand il a donné l'ordre de le gazer. On "ne pouvait pas imaginer qu'il était en état de manque", a-t-il ajouté.

Selon Alain Tessier-Flohic, on pouvait "soit le ramener à la raison", "soit lui faire administrer une piqûre" de tranquillisants "par un médecin, mais, en ce cas, il n'aurait plus été en mesure de se défendre. Nous avons choisi une autre solution pour qu'il puisse comparaître : le gaz pour le neutraliser", a indiqué le magistrat. "Il s'est débattu, a retiré ses vêtements (...). Lorsqu'il a été transféré en salle d'audience, il était dans un état de grande excitation", a-t-il expliqué.

UNE AFFAIRE "GRAVISSIME"

D'après la journaliste de Sud-Ouest présente sur place, "la dose de gaz lacrymogène administrée au détenu n'a manifestement pas été dosée. Ceux qui l'approchent sont pris de picotements des yeux, d'irritations de la gorge. La salle d'audience a des relents de manifestation qui aurait mal tourné. Le grand-père du prévenu a les yeux rougis".

Dénonçant une affaire "gravissime", Marie-Hélène Ville, la juge présidant l'audience, a évoqué des "procédés inhumains et dégradants". D'après la magistrate, "quand quelqu'un pose un problème médical, on demande l'assistance d'un médecin, on n'utilise pas une mesure de répression".

"On n'a jamais vu cela : sur ordre du président, gazer un prévenu alors que deux escortes policières étaient là !", s'est insurgée l'avocate du jeune homme, Me Myriam Unal. Selon elle, si des médecins peuvent intervenir lors des gardes à vue, "rien n'est prévu quand les personnes sont dans les geôles. Il s'agit d'un vide juridique". L'avocate a assuré qu'"ils avaient les moyens d'agir autrement" pour calmer son client – en phase de sevrage depuis deux mois et qui n'avait "peut-être pas pris des doses suffisantes" –, estimant que la bombe lacrymogène avait été utilisée "sans retenue".

Publié dans GUERRE-CONTROLE SOCIAL

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