Le blague-bloc n’est pas passé ! (Alain Braulio).

Publié le par AZA EL ZYMO & les Encyclopédistes du Chaos

 


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alain braulio

 
   

Pour qui aurait manqué un épisode, lire plus bas mon premier commentaire « 127 bis, 127 ter... ». J'invite également à parcourir les sites du NBC et Indymedia.

Je me trompais, rien de pépère pour les radicaux à la grand-messe syndicale de mercredi (29 sept).


Incluant les quelques passants raflés pour leur seule présence sur place, plus de 300 personnes* ont été mises au frais de façon arbitraire et illégale, avant et pendant la manif syndicale. Avec  les recommandations et la participation active de l'appareil du même nom. Voir les images pathétiques des vidéos "liées" ci-dessous.
Moi même arrêté "préventivement" aux abords du camp, j'ai échappé à l'intrusion violente dans la manif d'un bataillon de robocops, assisté de flics en civil aux manières fascistoïdes, qui a expulsé les activistes No Border (ayant été relégués - coup classique - à l'arrière) du cortège.

(*Des chiffres entre 350 et 500 ont été cités. Au total sur la semaine on a dépassé allègrement le millier d'arrestations pour délit d'opinion, sur le seul indice de l'apparence. Les inculpations pour « faits de violence » concernent un nombre ultra-réduit de personnes, qui n'ont fait qu'un peu de casse en réaction à la répression qui s'est abattue).
Beaucoup mieux que je ne saurais le dire :

Videos
Mais que fait la police ? :
Tous les uniformes ne sont pas bleus :
On me dira (ou non, n'en pensant pas moins) : le Braulio, il fait rien qu'à essayer de nous attirer dans des traquenards. (D'abord c'est pas vrai ; des coups foireux je n'ai pas dû en renseigner plus de deux ou trois. Ou quatre, allez.)
En retour, j'aimerais -- chers correspondants -- rappeler au souvenir des « anciens », voire de plus jeunes qui connaissent aussi, cette affiche célébrissime qui faisait consensus pour sa pertinence, et dont la légende était
« le bruit des bottes est moins à craindre aujourd'hui que le silence des pantoufles ».
Et maintenant, on estlà. On ne glosera pas sur les parts respectives, des diktats des Seigneurs de l'Europe, du conditionnement médiatique, ou du « sommeil citoyen », dans les causes du retour palpable du fascisme.
Mais en l'absence de réaction massive, et en raison du comportement ignoble de collabos du régime (tels ce « camarade syndiqué » appelant de son gueulophone à abdiquer du devoir de solidarité / la vidéo « tous les uniformes ne sont pas bleus »), le temps n'est peut-être pas très loin où on conduira les opposants non plus aux blocs de l'euro 2000 comme mercredi et vendredi, mais dans quelque stade, comme jadis en Uruguay ou au Chili, et tout récemment au Honduras. Ou aux abattoirs d’Anderlecht, ou que sais-je...


le témoignage de Oscar Flores sur la soirée et la nuit de vendredi :
http://bxl.indymedia.org/articles/252

et un autre d'un anonyme, remarquablement écrit et poignant :
http://bxl.indymedia.org/articles/240

La « manif officielle » du camp No Border s’est déroulée sans heurts samedi. Par contre vendredi, « gros comme une prison » : la « manif sauvage » s'annonçait sportive (anarchisme radical oblige, il n'avait pas été demandé d'autorisation) ; les flics n'ont laissé aucune chance aux activistes, ni aux personnes tombées par hasard dans les mailles du filet. Là, la violence policière est encore montée de quelques crans. Intimidation, menaces et humiliations, coups et traitements dégradants, torture (appelez autrement la contention, poignets garrottés par des colsons, maintenu au sol sous la pression de plusieurs flics appuyant un genou dans les côtes, sur la tête etc.).
C'est reparti comme en 30, sauf que : les moyens de la propagande sont aujourd'hui beaucoup plus puissants, et en revanche la conscience du peuple dispose de davantage d'atouts qu'à l'époque. Les média du PPA ont relayé unanimement les communiqués de la police et des autorités. Il n'y a pratiquement que l'Internet pour fournir un peu de contre-intox. Pour combien de temps encore ?
(rappel)
127 bis, 127 ter, culs-de-basse-fosse de la forteresse.
La démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Ça fait longtemps que c'est le cas, mais les à-côtés du NBC nous donnent de nouvelles occasions de vérifier à quel point elle est au bout du rouleau.
Quelques petites centaines d'idéalistes, en cortège vers le 127 bis de Steenokkerzeel, pour une visite aux réfugiés sans-papiers incarcérés en attente de leur expulsion. Ce dimanche, c'était à l'occasion du camp No Border et en commémoration de l'assassinat de Samira Adamu (12 ans déjà !).
Les manifestants venus en train sont d'abord bloqués durant près de deux heures à la sortie de la gare par un bataillon des forces de l'ordre à peu près aussi nombreux, pour être finalement filtrés un à un, à visage découvert devant une caméra : condition sine-qua-non pour pouvoir remonter la route qui mène au centre de rétention.
Le cortège encadré, filmé, survolé en hélicoptère (coût horaire d'un Agusta, 2500 € en estimation basse ; merci au contribuable), est finalement canalisé dans un embranchement longeant une aile du bâtiment. Aile qui avait été évacuée ; les détenus (pardon, les retenus) se trouvant dans l'autre aile, celle donnant sur la route dont l'accès nous était interdit. Nous avons pu voir quelques tissus blancs et quelques mains nous faisant signe d'un premier étage lointain. Les réfugiés ont tout au plus aperçu de loin notre petite foule, et entendu notre tintamarre assourdi ; aucune autre communication n'a été possible.
On s’est avisé de s'approcher du chantier du futur centre 127 ter. Il faut croire que ces messieurs de la police avaient instruction d'en barrer l'accès également. C'est là qu'ils ont recommencé à donner la pression : des flics à cheval ont coupé le cortège, favorisant une dizaine d'arrestations. Puis, calmant le jeux, des officiers ont posé leurs conditions : on arrête de leur balancer de la boue et du crottin de leurs chevaux, on finit la manif gentiment et on rebrousse chemin, et les camarades seront relâchés.
Concertation entre les manifestants. Vu l'ineptie de la situation (limitée à une action symbolique), on est d'accord pour repartir, mais on formule la velléité de faire un crochet par « l’aile interdite », histoire de saluer les réfugiés un peu plus chaleureusement. Évidemment, pas moyen...
C'est le moment où les flics ont resserré leurs cordons et complété les tenues de robocop auxquelles manquaient casques et boucliers. Comme nous tergiversions, certains invectivant les poulets (gentiment ; genre « eh l'animal, descend de ce cheval ! »), d'autres se déhanchant aux sons de tambours et trompette (dudjaap), l'officier en chef a dû décider que les heures sup pour ce dimanche, ça suffisait : les cavaliers en rangs serrés ont avancé sur nous sans ménagement, et les matraques ont commencé à voler sur nos arrières et aux abords du cortège. Huées et indignations de participants abasourdis par cette violence gratuite n'ont eu pour réponse que des regards mauvais ou goguenards derrière les visières des bleus les plus excités. Et quelques attaques ciblées sur des militants ou photographes, arrachés à la foule par de petites escouades : tabassage en règle et nouvelles arrestations.
Eh oui, ils sont mieux entraînés pour leur job que nous pour la résistance civile.
De retour à la gare, toutes et tous presque suffoqués de colère mais impuissants, tandis que les officiers se donnaient des airs de gentlemen et se montraient « magnanimes » : le premier groupe de militants arrêtés nous attend sur le quai vers Bruxelles, et après palabres on nous promet la relaxe de ceux et celles qu'ils avaient cueillis lors du retour, cinq minutes avant l'arrivée du train.
Bilan : quelques blessés de part et d'autre et une bonne trouille pour nombre d'entre nous (« des policiers blessés » disait un de leurs chefs. M'est avis qu'ils avaient dû le faire exprès, pour choper des horions malgré leurs armures).
À quoi on joue ? Sûr que vous ne verrez aucune image de ces frictions, à moins de les chercher sur l'Internet (IndyMedia etc.). Sûr que si vous en croyez les gazettes « grand public », vous aurez le sentiment que cette semaine les rues de Bruxelles seront parcourues par des centaines de manifestants Black Bloc.
Il n'en est rien. Les grands médias fantasment à fond sur le camp no border. Des jeunes et des moins jeunes -- même des papis et mamis, si, si -- ont répondu à cet appel à remonter aux créneaux qu’ont tenu jadis nos grands et arrière-grands-parents.
L'heure est grave, camarade citoyen(ne).
Ce mercredi, un « bloc critique » (critique mais pacifique) se mêlera à la manif organisée par la conf’ des syndicats européens qui réclament... de la croissance et de l'emploi ! Revendications surréalistes face aux magouilles des élites mondialisées et autres banksters, peaufinant et parachevant leur mise à sac.

PS important: n'en ayant pas été témoin directement, j'ai quelque peu minimisé les atteintes physiques aux victimes de tabassage de la part des flics.
  • Une femme sérieusement commotionnée par un coup de matraque a dû être emmenée à l'hôpital.
  • Le photographe dont je parlais a été traîné derrière un muret pour y être frappé sans retenue. Lire le communiqué publié sur Indymedia.
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