La désinformation émotionnelle (NOUVEL HERMES)

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Encore un de ces instants magiques quand l’info télévisée pète un câble : c’était le journal du soir de France 2 quand le commentateur, à propos de l’arrivée des orphelins en France, évoquait leur accueil par Carla Bruni en disant que cela se faisait « loin des caméras »... à l’instant précis où elle apparaissait à l’écran ! Lesquelles images « loin des caméras » étaient bien sûr partout reprises dans la presse...

Que des journalistes, une fois de plus, soient pris la main dans le sac du mensonge, on ne s’en étonnera même plus. Mais, rappelons-nous poutant qu’il y a, d’une part, ceux qui prennent des risques, les mal aimés – ceux qui sont retenus en Afghanistan et sur lesquels à craché Sarkozy – et les autres : est-il bien utile de redonner leur nom, de dire comment ils ont bâti leur carrière ?

Mais après tout, le monument journalistique du soviétisme stalinien ne s’intitulait-il pas La Pravda - « La Vérité » ?

Tandis que certains avaient pour maître Albert Londres, d’autres auront préféré ce travestissement de la vérité, le mensonge et, de façon plus subtile, l’un des piliers de toute propagande : l’émotionnel.

Un jour, « orphelins du petit père des peuples », un autre, orphelins réels … Tous se télescopent dans les mots et les images de la récupération politique.

On le sait, l’émotion est le contraire de la pensée ; elle est d’ordre viscérale et permet au pouvoir, quel qu’il soit, de livrer par elle à bon compte des messages que l’opinion n’accepterait pas de recevoir « consciemment ». C’est tout l’art de la propagande : les foules en larmes, les enfants dans les bras des dictateurs. Les larmes pour cacher le sang. Mais la seule vérité du sang.

Que ce sang soit noir, métissé, comme c’est le cas pour les enfants d’Haïti c’est pain béni en ces périodes de régression dans « l’identité nationale » !

Une façon subliminale d’instaurer une hiérarchie naturelle : les parents blancs, les enfants noirs. Un discours d’essence colonialiste que la presse ne cesse de ressasser sans même en prendre la mesure tant il est corseté par l’onction du Bien.

Faut-il rappeler que celui-ci n’est rien en soi, qu’il n’est pas ce « naturel » auquel le consensus émotionnel voudrait nous faire croire et adhérer ? Mais que le Bien est une construction morale individuelle et sociale, qu’il est d’ordre culturel et politique,qu’il résulte d’un travail intellectuel : tout ce que la propagande ne dira jamais.

Donc, préparons-nous à ce grand goupillon des larmes que Nicolas Sarkozy ne manquera pas de secouer derrière les trémolos de Pernaut dans sa prochaine « apparition » sur TF1. Des larmes pour Margot, de la sueur pour payer Proglio...

L’arme des larmes !

www.nouvelhermes.blogspot.com

Publié dans GUERRE-CONTROLE SOCIAL

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