BAS LES POGNES SUR ZEYNEB.D !

Publié le par AZA EL ZYMO

Jimmy Gladiator

 à nouvelleversat.
afficher les détails 08:43 (Il y a 18 minutes)
LA LETTRE VERSATILE DE JIMMY GLADIATOR
n° 169, 17 février 2010

BAS LES POGNES SUR ZEYNEB !

Je suis un charlot et un charlatan, défenseur de la cause palestinienne,  et
je t’emmerde, pseudo-collègue mais réel imposteur.
Garde tes « idées » pour ta salle de bains, Ducon, et fiche la paix à tes
élèves, une fois pour toutes.
Et l’obligation de laïcité, hein ? Apologie d’un Etat théocratique ?
Tout de même, tout de même…
Si j’avais, moi instite, arboré en classe un tee-shirt « colonisation mon
cul ! », quel tollé aurait ensuivi !
Suggestion de soutien actif à Zeyneb : venir dès que possible en cours,
élèves comme profs, vêtus d’un maillot « Palestine libre ».
Et vive la liberté !
Mon bravo solidaire à Zeyneb.

Signé : Jimmy Gladiator, instituteur en retraite, écrivain dilettante,
anarcho-syndicaliste (à la CNT) actif.

Bien le bisou
Jimmy

Les faits : Zeyneb D., élève de 3e au collège Claude Bernard de
Villefranche-sur-Saône (69400), est victime d'une exclusion de 3 jours pour
avoir osé porter en classe un tee-shirt « Palestine libre ! ».
Son professeur d'histoire avait, dans un cours précédent, fait l'éloge
d'Israël, reprenant à son compte toute la rhétorique justifiant la
colonisation de la Palestine.
Zeyneb a eu le courage de s'opposer à cette propagande en venant le lendemain
en classe avec un tee-shirt : « Palestine libre ! ».
Sommée de cacher son tee-shirt ou de quitter le cours, Zeyneb, face aux cris
de son professeur, a préféré sortir de classe. Le professeur s'en est alors
pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et
de « charlatans ».

La direction du collège, prenant fait et cause pour le professeur, a décidé
d'exclure pour trois jours l'élève Zeyneb...
Parce que nous n'acceptons pas qu'un enseignant face la promotion d'un état
colonial et raciste, parce que nous saluons le courage de Zeyneb de s'être
opposée, avec ses propres moyens, au prosélytisme de son professeur : nous
demandons l'annulation immédiate de la sanction (prévue pour prendre effet le
2 mars) et la pleine et entière réhabilitation de Zeyneb.
Nous demandons en outre que Zeyneb et ses camarades puissent bénéficier à
l'avenir d'un enseignement d'histoire de qualité, honnête, neutre et
respectueux des principes de la République, qui ne fasse pas l'éloge
éhontée de la colonisation.
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Nosotros.Incontrolados-Les Amis du Négatif 17/02/2010 09:24


Professeurs, vous nous faites vieillir !
Depuis le temps que vous vouliez qu’on se parle et qu’on se taisait, cette fois on va
parler. On sait bien que pour la plupart d’entre vous vous voulez simplement nous aider.
Chacun à votre manière, vous avez tout essayé. Vous avez été sévère, laxiste, patient,
impatient, prévenant ou lointain; vous avez réfléchi, discuté entre vous, avec nous, avec
l’administration.
Vous nous avez dit tellement de choses, nous on disait rien ou si peu, on se taisait,
on souriait. Vous nous disiez: chez moi ça rigole pas, on travaille ou bien, ici on rigole
mais on bosse, ou bien, si vous ne faites rien ne dérangez pas vos camarades qui eux... ou
bien, faites un effort ! ou bien, Monsieur Untel vous croyez qu’au travail vous pourrez
arriver en retard ? Ou bien, ah c’est toi va t’asseoir, ou bien, répondez ? personne ne
sait ? ou bien, en dix ans de carrière je n’ai jamais vu ça ! ou bien, si vous avez un
problème passez me voir à la fin du cours, ou bien, allezy
posez des questions ! et aussi
j’ai une fille de votre âge, on se tait quand je parle, Messieurs, prenez une feuille,
répétez ce que je viens de dire, allez me chercher un billet, je vous préviens avec moi ça ne
sera pas comme avec Monsieur Machin.
Et bien si ! C’est pareil, vous avez tout essayé ça n’a rien changé. Vous nous avez
soutenus au conseil, vous avez vu nos parents, vous vous êtes dit : "et si c’était mon fils",
vous avez travaillé, recommencé, préparé des cours, des visites, des stages, des exposés, des
sorties, on a bu des cafés ensemble, vous avez fait grève, vous avez gueulé, pleuré peutêtre,
ça n’a rien changé.
Années après années, nous étions avalés par le laminoir social, les élèves que vous
avez sauvés, vous les portez comme des décorations, elles sont méritées, quel boulot pour
chacun d’eux ! Mais c’est pas possible pour tout le monde !
Le problème c’était pas nous, c’était pas vous, c’est tout le reste !
Vous le saviez, bien sûr, mais vous croyiez que c’était inévitable. C’est pas l’échec
scolaire qu’on vous reproche, c’est d’avoir accepté trop longtemps et essayé de nous faire
accepter un état de choses, des gens et des rapports entre les gens inacceptables.
Pour vous nous sommes des gars à problèmes; vous nous plaignez par avance comme si
votre vie était merveilleuse ! On voit bien, quand vous tirez la tronche, que vous aussi vous
vous faites chier.
­
Vous dites: et vousmêmes
qu’avezvous
fait pour vous ?
­
Justement par notre activité présente nous critiquons notre passivité d’hier.
­
Vous dites "vous êtes injustes nos vies ne sont pas tristes, nous ne sommes pas soumis,
nous voulons vous aider !"
­
Prouvezle
! Vous voulez nous parler ? Nous ne vous entendons pas très bien, nous sommes
déjà loin, rapprochezvous,
sinon dans huit jours vous ne comprendrez plus rien.
Avant notre passivité était votre excuse. Plus maintenant, VOUS NE POUVEZ PAS NOUS
AIMER NOUS DISONS LA VÉRITÉ celle qui est au fond de votre coeur, qu’il y en a marre des
rapports hiérarchiques, séparés, marre des vies étriquées. Vous n’osez pas y croire, vous
n’osez pas le dire. Pourtant c’est là. Professeurs, c’est là qu’il faut sauter, si vous
lâchez, si vous flanchez, si vous trahissez... Rien on ne dira rien. Nos regards parlerons
pour nous. Ils sont implacables, vous le savez bien ! Vous serez jugés par vousmême,
vous ne
vous en relèverez pas.
Venez discuter avec nous sur un plan d’égalité.
VOUS NE POUVEZ RIEN FAIRE CONTRE NOUS, NOUS VOUS EMPÊCHONS DE VIEILLIR
DES LASCARS DU LEP ÉLECTRONIQUE (Manif lycéennes/étudiantes de 1986 à Paris).