El Salvador : des guérilleros au pouvoir le 19 MARS 2009...

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La valise diplomatique(sources: le monde dip/betapol)

jeudi 19 mars 2009



Dix-sept ans après avoir déposé les armes sans avoir été vaincu militairement, le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a porté son candidat Mauricio Funes à la présidence du Salvador, le (...)

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El Salvador : des guérilleros au pouvoir

Dix-sept ans après avoir déposé les armes sans avoir été vaincu militairement, le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a porté son candidat Mauricio Funes à la présidence du Salvador, le 15 mars 2009. L’ex-guérilla s’était convertie en parti politique après les accords de paix qui, le 16 janvier 1992, à Chapultepec (Mexique), ont mis fin à douze années d’une terrible guerre civile (soixante-quinze mille morts). Dans un conflit au cours duquel, d’après la Commission de la vérité créée par les Nations unies, 85 % des assassinats ont été commis par l’armée et les escadrons de la mort, et 5 % par la guérilla, les forces armées salvadoriennes ont été massivement soutenues par les Etats-Unis (4,6 milliards d’euros).

Journaliste sur la chaîne 12 de télévision – et ancien correspondant de CNN en espagnol –, M. Funes, de tendance sociale-démocrate, n’a pas participé à la lutte armée. En revanche, son vice-président Salvador Sánchez Cerén est un ex-commandant de la guérilla.

Cette victoire du FMLN met un terme à vingt années d’hégémonie de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena). Fondé par l’ « âme damnée » des escadrons de la mort, Roberto d’Aubuisson, et émanation de l’extrême droite, ce parti a peu à peu laissé en chemin ce passé sulfureux, mais n’en demeure pas moins le représentant d’une droite dure. Pour tenter de barrer le chemin à la gauche, les deux autres formations conservatrices, le Parti de conciliation nationale (PCN), représentant des gouvernements militaires (1961-1976), et le Parti démocrate-chrétien (au pouvoir de 1984 à 1989), ont renoncé à présenter un candidat et se sont ralliés d’emblée à l’Arena.

Dans la grande tradition, cette sainte alliance a mené une « campagne de la peur » qui a bénéficié de l’appui de la plupart des médias. A un archaïque langage de guerre froide s’est ajouté le thème récurrent lors de chaque élection, en Amérique latine, ces dernières années : le danger représenté par les liens (réels et/ou supposés) entre le FMLN et le « dictateur (sic !) vénézuélien Hugo Chávez ». Les Salvadoriens ne se sont pas laissés abuser.

Principal parti d’opposition depuis sa première participation au jeu démocratique, lors des législatives de 1993, le FMLN est devenu la première force politique du pays (mais sans détenir la majorité à l’Assemblée nationale) lors du scrutin législatif du 18 janvier 2009.

Il n’est guère surprenant de voir le Salvador rejoindre le groupe des pays latino-américains gouvernés à gauche et au centre gauche. La désastreuse situation sociale de ce petit pays de 5,7 millions d’habitants a obligé plus de 2,5 millions d’entre eux à émigrer, essentiellement aux Etats-Unis ; 47,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et 19 % dans l’extrême pauvreté – quand 0,3 % accaparent 44 % du revenu national. Un chômage massif et le taux d’homicides le plus élevé du continent (67,8 pour cent mille habitants) complètent le tableau.

Lors de la campagne électorale de 2004, le gouvernement de M. George W. Bush était intervenu sans pudeur pour faire barrage au FMLN et appuyer l’Arena. Prédisant les pires catastrophes « si le communisme s’emparait du Salvador », Washington était allé jusqu’à menacer d’empêcher l’envoi d’argent au Salvador – les remesas – des immigrés salvadoriens vivant aux Etats-Unis. L’annonce n’avait rien d’anodin : seconde source de revenus du pays, ces remesas pèsent pour 17 % du produit intérieur brut (3,8 milliards de dollars en 2008). L’élection de M. Antonio Saca permit la persistance de la relation privilégiée San Salvador–Washington, constante de la politique des deux pays. M. Saca sera d’ailleurs le dernier dirigeant latino-américain à maintenir des troupes en Irak (depuis, le président colombien Alvaro Uribe a pris la relève en annonçant l’envoi de troupes colombiennes en Afghanistan).

Comme à l’accoutumée, aux Etats-Unis, les représentants républicains Dana Rohrabacher et Conni Mack ont sonné le tocsin à la veille de l’élection : « Si le FMLN gagne ce dimanche, le Salvador se transformera rapidement en un satellite du Venezuela, de la Russie et peut-être de l’Iran (1).  »

Changement d’époque ? Il est trop tôt pour le dire. Toutefois, l’arrivée à la Maison Blanche de M. Barack Obama semble changer la donne. Après que le porte-parole du département d’Etat Heidi Bronke a affirmé que le gouvernement des Etats-Unis n’appuierait aucun candidat, Washington a réaffirmé sa détermination à coopérer avec quelque président que ce soit. En l’occurrence M. Funes, qui sera investi le 1er juin.

Reste à savoir si sa politique sociale s’inspirera du camp des « modérés » (Brésil, Chili, Uruguay) ou des « radicaux » (Bolivie, Equateur, Venezula).

Maurice Lemoine

(1) BBC Mundo, 14 mars 2009.

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les bâtisseurs d'abîmes 26/03/2009 11:15


4 Commentaires
Commentaire par joshuadu34 Il y a 1 heure Supprimer le commentaire euhmmmmmmmmh... Super !!!?????? Non, trève de plaisanterie, l'arrivée par les urnes, le soutien plus ou moins dissimulé de l'US Cie, doit être clairement interprété... Trop de souvenirs, trop d'exemples historiques de ce que signifie ce genre de soutien ! La Pologne par Walesa, l'amérique du Sud et bien d'autres ont déjà vu leur "sauveur" sortir des urnes avec un résultat pour le moins "surprenant" pour les populations ! Ne surtout pas se leurrer ! Rien ne sortira de ce genre d'expression ! Le camouflage, sous des habits de lumière, de l'application néo libérale ne peut Que dissimuler une énorme déception pour le peuple ! L'attente est énorme mais nous savons déjà qu'il n'en sortira rien, uniquement une désillusion et une énorme déception pour le peuple salvadorien ! Et que le soutien américain, comme il l'a toujours fait, ne cache qu'un interêt économique et l'acceptation, par le FMLN, des principes d'exploitation et de "mise sous tutelle" n'aboutissant, dans tous les cas, qu'à une misère accrue pour la majorité pauvre et qu'à une augmentation des richesses pour les plus riches, voire une mafiatisation de l'exploitation identique à celle qui fût installée en Russie (et ailleurs) avec le soutien du FMI ! Les exemples sont pourtant nombreux ! Le monde diplo, pour le coup, fait preuve d'une légèreté historique assez hallucinante ! Et le ton mensongé de son article prouve, s'il en était encore besoin, que la presse continue à porter leur "démocratie" déshumanisée en exemple, dans une démarche participative mensongère ! Et quelle démocratie !!! Il serait temps, pour nous, de démonter ce discours pro démocratique tendant à laisser croire que, parce qu'il se dit "de gauche", un parti élu représente forcément une victoire du peuple ! La seule victoire, dans leur démocratie, est celle du cloisonnement ! Celle de la perte d'espoir par manque de repère ! Et celle des richesses exploiteuses sans qu'aucune amélioration ne soit apportée pour le peuple ! Leur démocratie, c'est la liberté, pour les plus riches, d'asservir sous le couvert de mots et avec l'assentiment des esclaves eux-même ! Commentaire par LES AMIS DU NEGATIF A L'OEUVRE Il y a 1 heure Supprimer le commentaire Lorsque l'on a des amis comme les USA, on n'a plus besoin d'ennemi du tout. Le méchant Saddam formé par les ricains en sait quelque chose...Je dis cela à titre d'illustration... Certes les US ne vont pas laisser leur pré carré leur échapper ainsi longtemps...Il leur reste donc dans le cadre de "la nouvelle donne" d'adapter les moyens aux buts par la "fluidification"...Peuvent pas indéfiniment et ouvertement appliquer la méthode dure (l'installation et le soutien aux dictatures aux ordres de la Maison Blanche)...L'entrisme et la phagocytation deviennent dans les processus de domination larvée des armes de choix (relire Machiavel) et en plus ça coute moins cher sur à peu près tous les plans. Il ne reste plus qu'à activer avec méthode et patience le processus de "décomposition" que l'on peut voir déjà à l'œuvre que ce dot au Chili (là ils font vite!) en Argentine..;etc...Même s'il y a des cahots et des hoquets, il y a aussi la préparation du chaos qui risque fort de triompher rapidement...en s'étendant insidieusement dans le cadre des domestications modernisées...Les Chavez et autres Lulla ne sont peut-être pas aussi véritablement hostiles aux nouveaux décors, ou bien n'en auront pas les moyens objectifs dans le meilleurs des cas... La guérilla au pouvoir au Salvador? Joli repentir oui.... Vont pas rigoler tous les jours les San Salvadoriens...C'est sûr. Commentaire par Stelios Il y a 40 minutes Supprimer le commentaire Hé hé ... n'ayons pas peur des mots ! la démocratie nouvelle ( pas celle des Hellènes) nous vient de la révolution bourgeoise .... c'est donc, aujourd'hui, à une démocratie bourgeoise que nous avons à faire. Si nous nous en référons à Platon, la démocratie est une transition entre deux états totalitaires, une forme plus évoluée de la tyrannie où le pouvoir et la force de l'État (Kratos) est inversement proportionnel au pouvoir et à la force de l'ensemble de ses citoyens (démos). => Les différentes démocraties, d'aujourd'hui et jusqu'à leurs prochaine révolution, sont et resterons bourgeoises et se différencient par le seul rapport de pouvoir totalitaire, entre l'Etat et ses citoyens. Toutes les démocraties, même prolétariennes avec sa dictature personnalisée où la valeur travail remplace celle de l'argent comme capital, sont des démocraties bourgeoise. Des Etats bourgeois que seul le prolétariat organisé en classe dirigeante peut détruire ... et engloutir, avec ses tyrannie nouvelle que sont ses démocraties, dans le passé de notre histoire. Pour ma part je souhaite bonne route à la nouvelle démocratie Salvadorienne, l'ancienne menait à une impasses et les Salvadoriens commencent à le comprendre. Commentaire par LES AMIS DU NEGATIF A L'OEUVRE Il y a 17 minutes Supprimer le commentaire Tiens, et si le prolétariat s'auto-dissolvait? La les démocraties modernes seraient bien emmerdées et les aspirants représentants du prolétariat en "délégués auto-proclamés" se constituant en classe dirigeante itou! Quand à ce qui se réfère à la question de l'impasse, on pourra observer que si les "démocraties précédentes" y conduisaient (hellènes ou non) , la nouvelle y est enfin parvenue, reste donc la question de sa suppression, de la suppression par conséquent de toute forme d'organisation sociale divisée en classes, comme principe et comme postulat. N'inversons donc pas le sujet et le prédicat. Tes récentes démonstrations ici déclinées assez adroitement sur le bidule "travail" (tripalium) devraient tout de même éclairer les avis agglomérés des plus timorés...De toute