Réflexions sur la fin attendue d'un monde et les débuts difficiles...

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Vente YSL/Bergé : Réflexions sur la fin attendue d'un monde et les débuts difficiles d'un autre (zaz)

 

{{Avertissement :}}

Comme le lecteur le sait déjà, la mention "zaz" accompagnant nos textes indique une manière d’écrire  décalée, qui ambitionne par un éclairage oblique à plus de perspicacité dans l’analyse politique.

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{{D'abord, soyons clairs, nous n'avons rien naturellement de personnel contre Pierre Bergé que beaucoup   tiennent dans le pays pour un homme de bien en plus du fait louable qu'il soit aussi mécène.}}

La vente concernée tombe toutefois peut-être un peu mal dans le contexte de crise que connaît actuellement la France.  Elle arrive en outre après l'incontestable succès de l'expo Picasso, qui a pris dans la presse parisienne toutes les apparences d'une réussite de communication et d'un excès de vrai délire.

{{Le beau, la culture ne doivent pas dissimuler des choses non-annexes attachées étroitement à l'art et qui ne sont pas seulement que grandeur ! : l'art notamment a une fonction politique suspecte, il est en permanence possible opium du peuple, l'art a une fonction de signe, il véhicule des dominances de classe, l'art a une dimension économique prosaïque, il est fric et il est spéculatif. }}

Sur ce dernier point, la vente a été incontestablement un triomphe complet pour le beignet. Après le récent krach mondial bancaire, la chose prend pour certains un goût amer, même trempée dans le thé discrètement sucré.

Il y avait du très beau linge dans le parterre des riches acheteurs, l'Etat français pour quelques millions d'euros a choisi les chaises en paille qui lui manquaient pour ses appartements. Picasso qui les avait gonflés en silence à beaucoup s'est mal vendu, Matisse a quant à lui plus réussi.

Nul ne retire à Pierre Bergé le droit de vendre ce qui lui appartient. On sait également qu'une part de la vente reviendra à la recherche contre le sida, ce qui force le respect.

Où le bât blesse-t-il  alors ?

On ne va pas reprendre le fait que les Antillais n'ont toujours pas eu leurs 90 euros, que le chômage a multiplié, etc. etc.

Observé de haut, si on peut dire, le bât blesse de ce qu'a été d'abord la Presse. Empressée, laudative, courtisane comme d'hab, conne d'immonde petitesse et d'incapacité à penser ainsi qu'elle fait toujours. Les partis aussi n'ont eu rien à dire, et je me demande si le web lui-même au fond ne s'est pas tu terriblement.

La France souffre, s'enferme, chante des lieder dans ses salons. Cette musique théorique et de fête est peut-être son chant du cygne. Une forme de France ne colle plus, et se trouve vis à vis d'elle-même complètement en porte à faux.

Mais les journalistes, pauvres pierrots, ont involontairement bon dos,

{{En vérité, la France qui ne va pas est celle de ceux qui sont partout depuis longtemps en haut,  dans la politique, la société, dans le verbe qui parle haut.}}

La vente YSL/Pierre Bergé marque doublement, séculièrement et politiquement, la fin d'une époque qui vient par chance ou par malchance d'être symboliquement éparpillée. Le temps présent qui survit encore entre les doigts n'est déjà plus du présent, et le futur n'est pour le moment clair en aucun cas.

Oh, certes, beaucoup de lapins ont applaudi des deux mains à l'événement déjà figé qu'on leur donnait gratuitement. On peut se satisfaire de cette preuve par duracell pour conforter nos habituelles certitudes,

{{On peut aussi s'interroger sur l'avenir. Les agrégés d'avenir et tous les cuistres qui sont légion proposent de nous fournir les réponses avant qu'on ne se pose l'ombre des questions.}} Les agrégés d'avenir savent certainement, ils en sont du moins convaincus. L'inconvénient est que si l'avenir se sait peut-être sous tel ou tel rapport, l'avenir proprement démocratique lui ne se sait pas, il se conçoit et se fait à plusieurs, c'est normalement inscrit dans son principe..

{{La vente Bergé est terminée, elle nous a in extremis déjà appris pas mal de choses sur un monde qui cesse sans doute d'être, sur ses biais, ses faux, ses turpitudes, même s'il avait des qualités. Il importerait maintenant de réfléchir à celui qu'on veut construire. Pour le moment, tout laisse à craindre qu'il ne démarre tout aussi mal.}}

Bon sang ! mais que vient faire l'affaire Bergé dans ce vague débat sur le présent et l'avenir ? c'est dingue ce truc !

-Certainement !

Ce "truc" montre trois choses :

L'affaire Bergé était privée nous ne sommes pas de ceux qui l'ont faite si largement publique. 

L'affaire Bergé s'inscrit dans un champ public d'où le débat a totalement disparu.

Nous estimons ne plus devoir continuer à accepter cette partie constamment décidée par d'autres où notre participation attendue se limite à exprimer  : Oh mon Dieu que c'est beau !

{{Tant de gens qui ont  l'auto-parole moulinent à notre place. Moulinons nous-mêmes notre parole}}

Nous remercions Pierre Bergé d'être, lui qui n'a fait aucun mal,  le support très involontaire de cette revendication.

{{Au web les amis, au web, c'est le lieu, pour un temps encore, ouvert à notre expression.}}

 

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{{Alain Serge Clary et les Inoxydables philosophes de l'Ocséna vous saluent bien ! }}

 

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{{{Les Pensées zaz de l'Ocséna}}}

{{Ocséna, Organisation contre le système-ENA et pour la démocratie avancée}}

-[-> http://ocsena.ouvaton.org]

par Nosotros.Incontrolados-Les Amis du Négatif publié dans : LA NIQUE DES BELLES INSOLENCES

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