MAM LA BOULETTE...

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Interrogée sur la promesse du gouvernement de rapprocher les détenus corses, 'MAM' assura : 'Il faut être pragmatique. Vous avez 28 places à la prison de Borgo (près de Bastia) et 26 sont occupées...' Avant de préciser : 'En plus, sur les 26, huit sont des prisonniers politiques.' (SOURCE : lesmotsontunsens.com)...

Notre sinistre flic en chef s'est, bien entendu, vite rattrapée, donnant un sens bien plus en conformité avec le bourrage de crânes médiatique, les prisonniers politiques devenant 'des personnes condamnées définitivement au titre d'actes commis en liaison avec des entreprises terroristes.'

Et oui, il semblerait qu'il soit plus médiatiquement porteur de qualifier les prisonniers politiques de "terroristes"... C'est du moins ce que semble vouloir nous dire le gouvernement ! A ce titre, à Tarnac, mais aussi dans de nombreux autres cas, comme, encore ce week end, dans celui de ces "dangereux extrèmistes" arrétés pour avoir "brulé des papiers sur la voie publique" (acte hautement terroriste, vous en conviendrez) -cf l'article en page 4 du canard enchainé- ou dans le cas de ce dangereux retraité de 67 ans qui menace de mort notre impératissime Nicolas (cf article ici), le terme de terroriste semble s'appliquer maintenant à tous ceux qui ne pensent pas dans les clous !

Quel merveilleux outil que celui de la sémantique, quand même, permettant d'instaurer la peur chez le mouton de base...

joshuadu34
petit article de JBB dans le charençon libéré que je reproduit ici, me suis bien marré, même si... :

"Pour d’obscurs motifs qui me sont propres.

Et dont le premier serait sans doute la conviction que les transports en commun devraient être gratuits.

J’ai pour (sale) habitude de frauder le métro.

Sautant le portillon sans régler mon écot.

Et ne payant mon billet que quand j’aperçois dans le coin les sémillants uniformes des non moins sémillants contrôleurs de la RATP.

C’est comme ça.

Hors donc.

Je me livrais il y a deux jours à mon habituelle et unique gymnastique quotidienne.

Enjambant prestement le tourniquet.

Et franchissant gaiement le portillon.

Quand trois agents de la Régie autonome des transports parisiens, comme de juste accompagnés d’un digne membre de la police nationale, me sont tombés sur le râble.

Pas sémillants pour un sou, eux.

Moi : je ne vous avais pas vu.

Eux : on est payé pour ça.

Moi : vous m’avez eu.

Eux : on est aussi payé pour ça. Il va falloir raquer.

Moi : c’est le jeu.

Eux : vous avez un moyen de paiement, chèque, carte bleue, espèces ?

Moi : désolé, je n’ai rien sur moi.

Eux : alors, il va falloir voir avec ce monsieur de la police, qu’il vérifie votre identité.

Moi : je sais.

Hors donc.

Ce monsieur - policier en civil - s’empare du passeport que je lui tend.

Saisi son talkie-walkie, l’air concentré et professionnel.

Eructe mon nom et mon adresse dans son engin à antenne.

Et me regarde impavide en attendant la réponse à ce bref et presque banal contrôle d’identité.

Sans que cela ne m’inquiète outre-mesure : brave citoyen et honnête contribuable, je n’ai que confiance à avoir en cette police qui chaque jour me protège et me rend service.

Hein…

Les choses durent un peu.

La conversation ne prend pas tellement, malgré quelques tentatives de ma part de nouer un lien de sympathie.

Moi : c’est un beau métier, policier…

Lui : ggrrmmllll…

Moi : vous devez en voir des vertes et des pas mûres, non ?

Lui : ggrrmmllll…

Bref, on rigole, on s’amuse, attendant que soit garanti mon statut de citoyen de première classe.

Et puis, le talkie qui crépite, quelques mots que je ne comprends pas et lui qui me regarde un brin différemment.

Moi : c’est bon, je peux y aller ?

Lui : on va faire quelques vérifications supplémentaires, vous allez devoir me suivre au commissariat.

Moi : quoi ?

Lui : c’est comme ça.

Moi : mais… pourquoi ?

Lui : ne faites pas d’histoire, monsieur, suivez-nous.

Moi : qui ça, nous ?

Lui, montrant cinq de ses collègues apparus au coin d’un couloir : nous.

J’ai pas fait le malin, j’ai suivi la troupe.

Eux m’encadrant très sérieusement, me guettant du coin de l’oeil comme si j’avais été le mollah Omar tentant de prendre la fuite en trottinette.

Joli cortège…



[Je vous passe les détails, jusqu’à l’arrivée dans un bureau quelconque d’une aussi quelconque dépendance policière. Après un brin d’attente, un gros ventripotent s’installe en face de moi, me regarde par en-dessous et commence à me questionner.]

Lui : on a un petit problème.

Moi : je sais, je n’ai pas payé mon ticket de métro. Mais je ne pensais pas que…

Lui, m’interrompant et me tutoyant d’un même élan : tutut-tutut ! Tu penses bien que ce n’est pas le problème.

Moi : ben alors, quoi ?

Lui : fais pas le naïf.

Puis, tendant une liste de noms et m’en montrant un au milieu de la masse : c’est bien toi, là ?

Moi : ben… oui. Mais je ne vois pas…

Lui, me coupant derechef : tu sais ce que c’est, cette liste ?

Moi : ben… non.

Lui : tu peux toujours jouer l’innocent, va.

Moi : vraiment, je vous assure…

Lui : espèce de crétin ! Il s’agit de la pétition appelant à la libération de tes deux copains, les anarcho-autonomes qui peuvent pas saquer les catenaires.

Moi : d’abord, ce ne sont pas mes copains. Et puis, je ne vois toujours pas ce que ça vient faire dans une affaire de fraude à la RATP.

Lui : ah, tu ne vois pas ? Vraiment, tu ne vois pas ?

Moi : euh… non.

Lui : fraude à la RATP en relation avec une entreprise terroriste, ça ne te dit rien ?

Moi : …

Lui : c’est nouveau et c’est diablement efficace. A chaque fois qu’on trouve un salopard dans ton genre, mêlé de près ou même - comme toi - de loin à la diabolique mouvance anarcho-autonome de l’ultra-gauche, on rajoute au délit qui lui est reproché « en relation avec une entreprise terroriste ».

Moi : et ?

Lui : c’est la super fête. Un, on nique ces gauchistes qu’on n’a jamais pu blairer et qui nous le rendent bien. Deux, on se fait bien voir de notre hiérarchie et de notre ministre, aka je-suis-lancé-dans-une-mission-divine-de-lutte-contre-le-terrorisme-anarchiste. Trois, on peut te garder 96 heures en garde-à-vue, t’accuser de tout et de rien sans que personne ne nous demande de comptes et te balancer aussi longtemps qu’on le souhaite en détention préventive.

Moi : …

Lui : tu fais moins le malin, hein ?

Moi : …

Lui : bon, maintenant que le cadre légal est posé - enfin… façon de parler… - , on va attaquer les choses sérieuses. Tu vas me dire ce que tu faisais le 14 novembre, quand des salauds s’en sont pris à notre fleuron industriel à grande vitesse, et le 16 décembre, quand d’autres salauds s’en sont pris à ce fleuron de la consommation française qu’est Le Printemps.

Moi : …

Lui : et tant qu’on y est, t’aurais pas fait un petit tour par la gare Saint-Lazare le 13 janvier ?

Moi : …"

Publié dans GUERRE-CONTROLE SOCIAL

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AgatheD 03/02/2009 20:45

Terrifiant, ce durcissement Sarkosiste me vient droit au cœur, une bonne envie de gerber, … Ce qui est drôle, c’est que finalement il reconduit & duplique tous les mouvements insurrectionnels en latence..

nosotros.incontrolados 02/02/2009 17:34

Suis sûr qu'is n'ont pas rendu le chichon!