LETTRE DE PRISON DE Ilias Nikolau, prison d'Amfissa, 19/01/09 .

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  le 29 Janvier 2009 à 23 43 *
 Uitbraak uitbraak à nouvelles.la.c. (La cavale)

e [traduction reçue de la part d'un compagnon français]

Arrestation de l'anarchiste grec Ilias Nikolau et sa première lettre de prison Dans la nuit du 13 janvier un engin artisanal composé de bonbonnes de camping gaz et d'essence a explosé à l'entrée du commissariat d'Evosmos (dans les environs de Thessalonique), endommageant les vitres de la façade et le système de climatisation. Peu après, les RG ont arrêté non loin de là l'anarchiste de 26 ans Ilias Nikolau. Celui-ci, de même que Dimitra Sirianou et Kostas Halazas a fait l'objet d'un avis de recherche durant un an pour la même affaire que Vagelis Botsatzis (accusé de divers incendies). Vagelis est sorti de préventive le 13 octobre 2008. Le 14 novembre, en pleine agitation de la grève de la faim dans les prisons grecques, les 3 autres se sont présentés, accompagnés d'une centaine de compagnonNEs dans un commissariat de Thessalonique et le lendemain décision a été prise de les laisser en liberté jusqu'au procès.

A présent, Ilias est inculpé pour « explosion » (grave délit), « fabrication » et « association » (délits mineurs).

 Ilias a nié en bloc les accusations et avoir été pris sur le fait. Rien n'a été trouvé, ni dans la perquisition au domicile de ses parents ni sur son lieu de travail, ni par les 30 flics qui ont assailli la maison de sa grand-mère au village. Ilias a été emmené à la prison d'Amfissa. Voici sa lettre :



A l'aube du 13 janvier, j'ai été arrêté dans l'ouest de Thessalonique suspecté d'une explosion qui s'est produite dans le commissariat de la police municipale. Cela s'est produit un an après qu'en novembre 2007 une accusation incroyablement gonflée ait été lancée contre moi et trois de mes compagnons. Cette accusation a mis l'un d'entre nous en prison et poussé les trois autres à prendre la fuite. La chasse aux sorcières a commencé. Nous avons vécu un décembre plutôt chaud et une situation qui a clairement démontré l'absence de paix sociale. La paix sociale n'existe que dans l'imagination de ceux qui ne peuvent comprendre que la réalité est marquée par une guerre civile permanente. Avec un camp révolutionnaire qui se rebelle contre cette monstruosité démocratique. La rage a remplacé la peur et en lieu et place de l'assentiment est apparu le rejet. Le mois de décembre, tel un signal des temps qui viennent ; a révélé une division très claire entre ceux qui alimentent, maintiennent et défendent le Pouvoir et ceux qui le combattent. Il ne s'agit maintenant ni de regarder en arrière et avec nostalgie les cendres qu'a laissées l'insurrection sur son passage. Il nous faut comprendre et exprimer les signes du présent et du futur. Les signes qui existent déjà et ceux qui vont arriver. Les signes d'une guerre sociale sans pitié. Si nous voulons que se produisent les moments du rejet, de l'insurrection et de la dignité, nous devons armer nos mains et nos désirs de manière décidée et organisée. Je suis contre ceux qui pensent que les manifestations et protestations pacifiques changeront quelque chose, car ils sont déjà morts. Ils trainent leurs cadavres dans les rues, dans les syndicats et dans les luxueux bureaux de leurs petits chefs. Je me place du côté de ceux que guide la dignité et me joins à ceux qui ressentent l'inaltérable volonté de perturber et détruire cet immense cimetière. La prison est une étape supplémentaire pour un rebelle. Une étape de captivité. A tous ceux qui pensent qu'ils m'ont vaincu – qu'ils nous ont vaincus … Pour moi et mes compagnons ça fonctionne à l'inverse ! Car tant qu'il y aura des prisonniers de guerre, nous continuerons à lutter. J'envoie des saluts chaleureux et rebelles à mes compagnons et aux révolutionnaires de partout. Liberté pour tous les prisonniers de la révolte. Liberté pour Yannis Dimitrakis, Poli Georgiadis y YiorgosVoutsi-Bogiatsis et pour tous les otages de la démocratie.

Ilias Nikolau, prison d'Amfissa, 19 janvier 2009 Repères : guerre-sociale
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