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Ce qu'on n'ose pas dire sur les massacres au Congo

category global | guerre | refuse author samedi 01 novembre 2008 - 12:21author par neocons out Notifier cet article/commentaire aux moderateur-ice-s
(INTRO :Voici la version NON -NeoCon-Sioniste des guerres Hutus-Tutsis et du role du génocidaire de Kagamé qui n'a pas commencé ses crimes après les massacres des tutsis par les Hutus . On lui devait déjà dans les années 80 le massacre de 400 000 hutus face auxquels la "communauté" soit-disant "internationale" n'a rien dit. Et maintenant 5 millions de Congolais et hutus exterminés depuis l'an 2000 par les sbires de Kagamé abondamment armées par Israel

Demandez au Tartuffe qui vous fourgue du Kagamé à longueur de colonne d'IMT comment il appelle ce type de massacres? et lisez le livre de Pierre Pean "Noires fureurs et blancs menteurs : Rwanda 1992 1994" pour vous décasser de l’idéologie que nous véhicule ce fonctionnaire du Mossad .)

http://www.bakchich.info/article5637.html
CE QU’ON N’OSE PAS DIRE SUR LES MASSACRES DU CONGO…

Afrique | jeudi, 30 octobre 2008 | par Paul Moreira
Les rebelles du général tutsi congolais Laurent Nkunda poursuivent leur avancée vers Goma. Le journaliste et réalisateur Paul Moreira revient du Congo Kinshasa et vous livre son analyse.

La guerre vient de se rallumer au cœur des ténèbres. Là où les caméras ne vont jamais. Là où notre ignorance a permis que près cinq millions d’hommes et de femmes meurent en dix ans. Sans doute autour de 400 000 tués par balles. Les autres sont morts de faim ou de maladies dans les forêts où ils se terrent, chassés par les milices. D’après International Rescue Committee, l’ONG américaine qui a tenté de chiffrer la surmortalité dans cette région, la guerre qui déchire l’est de la République Démocratique du Congo depuis 1996 est le conflit qui coûte le plus cher en vies humaines depuis la seconde guerre mondiale.

Vous en avez entendu parler ?… Gardez-vous en tête une seule image ? La guerre du Congo est un holocauste à bas bruit. De ceux qui nous lassent. Imputés aussitôt à la mystérieuse sauvagerie des hommes bruns. Il est vrai qu’on est là dans une région d’une complexité extrême, où la dissémination des armes a multiplié les milices et les possibilités d’exactions. Mais, si tant est qu’on accepte d’ouvrir les yeux et d’entendre les témoignages terribles et simples des réfugiés, il semblerait qu’on soit là en présence d’une guerre de pillage, doublée d’une vengeance ethnique. Ou comment une puissance étrangère entretient le chaos et des milices « proxys » pour garder l’accès à un minerai précieux indispensable à nos téléphones portables.
Les forces en présence

- CNDP : Groupe armé Tutsi dirigé par Laurent Nkunda, un Tutsi congolais proche du Rwanda de Paul Kagamé. Le CNDP tient la partie du Nord Kivu adossée à la frontière Rwandaise. Combattent les FARDC et les FDLR.
- FDLR : les Hutus rwandais issus de l’ancienne armée rwandaise et des milices ultra nationalistes interhamwes. Les plus âgés ont participé au génocide contre les Tutsis au Rwanda. Ils ont trouvé refuge au sein des populations Hutus du Congo. Combattent principalement le CNDP.
- FARDC : c’est l’armée régulière du Congo dirigée par Kinshasa. Mais certaines brigades sont en fait fidèles au CNDP de Nkunda. Combattent le CNDP et les FDLR.
- Maï-maï ou Pareco : milices congolaises d’autodéfense des villages. Combattent le CNDP.
- « Rastas » : la dissémination des armes a géré une multitude de groupes de déserteurs des diverses factions armées (surtout des FDLR hutus rwandais) devenus bandits de grand chemin.
- Monuc : Mission des Nations Unies dépêchée pour protéger les populations civiles et faire respecter l’embargo sur les armes dans la région.

En ce moment même, dans la plus grande indifférence, la guerre connaît un soubresaut violent. La milice de Laurent Nkunda, le CNDP, est passée à l’attaque contre l’armée régulière congolaise (les FARDC) et s’approche de Goma, la capitale du Nord Kivu. Des colonnes de réfugiés encombrent les pistes. Ils sont près d’un million et demi dans la région désormais. La même scène depuis des années : les femmes plient sous des fardeaux plus lourds qu’elles, des enfants effrayés trottinent à leurs côtés, pieds nus. Silencieux. Qu’on vienne à leur adresser la parole et c’est toujours le même murmure plaintif : « Laurent Nkunda nous extermine. Nous dormons dans la forêt. Ils tirent la nuit dans nos villages. Nous mourons de faim… »

Laurent Nkunda est un seigneur de guerre. C’est un Tutsi congolais. Sa milice, le Congrès National pour la Défense du Peuple, affirme être un mouvement purement congolais de défense des Tutsis du Congo. Mais de multiples enquêtes des Nations Unies et d’Amnesty International soulignent que le CNDP de Nkunda reçoit armes et soutien logistique du Rwanda. Une sorte d’armée d’occupation par procuration. Laurent Nkunda est d’ailleurs un ancien officier de l’armée du Rwanda. Sa milice règne sur la frontière entre Congo et Rwanda.

Il y a quelques jours à peine, les hommes de Nkunda ont réussi à reprendre la ville de Rutshuru. Les ONG qui tentaient d’évacuer la ville ont été bloquées par la population. Terrorisés à l’idée de se retrouver livrée à la milice de Nkunda, les habitants de la ville ont fait barrage de leurs corps aux 4x4. Sans doute, les habitants de Rutshuruh espèrent-ils que la présence de témoins occidentaux empêchera les massacres.

Massacre sous l’oeil de l’ONU

Il y a presque un an, en décembre 2007, j’avais pu visiter Rutshuru alors que l’armée du Congo avait réussi à faire reculer de quelques kilomètres les hommes de Nkunda. Sur la piste aux ornières géantes qui va vers l’Ouganda, j’ai vu les villageois revenir dans les maisons qu’ils avaient désertées. Au kilomètre 22, à Katouigourou. La Croix Rouge organisait la réinstallation de plusieurs centaines de civils. Des Hutus du Congo ou des Nandé. Pendant près de six mois, ils avaient vécu cachés dans la forêt ou dans des camps de déplacés. Dans l’assemblée colorée, il n’y avait presque pas d’hommes. « Ils étaient tués au hasard et sans preuves, m’expliqua Simon Habimana, un grand type sec avec un badge de la Croix Rouge. Ils ont assassiné mon responsable. Exterminés. Parce qu’ils étaient Hutus. »Tuer des gens systématiquement du fait de leur groupe ethnique, cela porte un nom : génocide. Comment n’en aurions nous jamais entendu parler ? Il y a dans l’est du Congo le plus gros contingent de casques bleus de la planète. 17 000 hommes. La Monuc. L’œil de la communauté internationale. Avec pour mission explicite de protéger les populations civiles.

Yoheri Kanyenyezi, l’homme à la casquette blanche, avait laissé éclater sa colère :
- « Des gens ont pris des risques pour aller alerter la Monuc, à Goma, ils ont traversé des zones dangereuses. Il ne s’est rien passé. Certains ne sont jamais revenus. Nous répétons encore et encore que les hommes de Laurent Nkunda nous tuent. Vous les blancs, vous venez, vous prenez des notes, vous repartez et il ne se passe jamais rien !… »

Au sein des villageois, évoluaient des hommes armés discrets, presque furtifs. Des Hutus Rwandais. Les FDLR. Les plus âgés d’entre eux avaient probablement participé aux massacres de Tutsis, au Rwanda, en 1994. Leurs bases militaires sont dans la forêt mais quelques dizaines de leurs hommes avaient pris position dans les villages et vivaient aux côtés des paysans congolais. Sans doute la première cause de leurs malheurs. Du fait de cette présence, les Tutsis de Nkunda quand ils attaquent les villages tuent sans discernement tous les hommes en âge de combattre. Dans les herbes géantes du Parc de Virunga, à quelques mètres de la route, la terre des fosses communes était encore fraîche. Les villageois se pressaient pour nous montrer.
- « Ici, il y en a cinq !… Tués le 13 août, juste avant qu’ils partent. »

Une mince couche de terre recouvrait les corps en cours de décomposition. Leur puanteur agressive avait fait reculer la foule. Avant que nous leur demandions d’arrêter, les villageois vont mettre au jour deux autres charniers. Ils contiennent, disent ils, une vingtaine de cadavres tout aussi récents.

- « Il y en a beaucoup d’autres, affirme Yoheri. A Kicharo, on en a trouvé 32. Mais il est impossible de savoir où ils sont tous. Ils sont dans la jungle. » Ces crânes et ces ossements à fleur de terre, l’effroi stupéfait des survivants, autant d’images qui rappellent violement les images du génocide rwandais de 1994. Mais ici, à Katouigourou, les victimes sont Hutus et les bourreaux sont Tutsis. C’est cette inversion des rôles que l’esprit peine à accepter. Car dans le fond de notre tête, l’Histoire s’est arrêtée en 1994, les rôles du Mal et du Bien, distribués pour toujours. Pour parler aux blancs -ceux qui peut être ont le pouvoir de mettre fin à leur malheur- des hommes et des femmes se pressent, font la queue. Ils attendent silencieusement leur tour. Tous Congolais. Tous Hutus. Une femme, jeune paysanne timide avec un fichu sur la tête, hébétée : « Les Tutsis ont tué mon mari près de l’école.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, je sais juste que c’étaient les Tutsis… »
Bravo

Une accusation revient sans cesse : Bravo, Bravo… La Brigade Bravo… Une péripétie absurde et meurtrière de la guerre du Congo. L’idée, bien intentionnée, est née à la mission des Nations Unies. Dans la recherche de la paix entre les diverses factions, un accord a été passé en 2006 pour intégrer certains miliciens fidèles à Laurent Nkunda au sein de l’armée régulière congolaise. La brigade s’appelle Bravo. Dans la région de Rutshuru, sous l’uniforme tout neuf de l’armée régulière congolaise, la population reconnaît alors à sa grande surprise les miliciens qui hier tuaient et violaient les femmes. Les voilà chargés de leur sécurité. Pendant des mois, les hommes de Bravo vont se servir de l’uniforme de l’armée nationale pour continuer à mener leur guerre privée. « Pourquoi ne pas s’en prendre exclusivement aux Hutus rwandais s’ils veulent leur faire la guerre, demande Simon Habimana ? Depuis 1996, ce sont les Hutus du Congo qui payent à leur place… »

En 1994, après le génocide des Tutsis et Hutus modérés du Rwanda et la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagamé, les milices extrémistes Hutus, des soldats Rwandais génocidaires ont passé la frontière pour aller se réfugier au Congo. Jusqu’à aujourd’hui on les aperçoit ici ou là, le long des routes, dans des uniformes dépareillés, portant des kalashnikovs à la peinture écaillée. Les FDLR affirment qu’ils ont rompu avec leur passé génocidaire et qu’ils assurent la protection des populations locales. En réalité, les miliciens Hutus rwandais vivent comme des parasites en leur sein. Malédiction ultime pour les Hutus congolais : désormais, aux yeux des Tutsis du Rwanda et de leurs alliés du Congo, ils sont devenus suspects de complicité avec leurs vieux ennemis… Et donc, cibles légitimes…

En septembre 2007, dans un moment de vérité, Laurent Nkunda déclarait que les FDLR avaient fini par « intoxiquer » les Hutus congolais qui partageaient désormais leur « idéologie » génocidaire. Pour Simon Habimana qui enterre les victimes de Katouigourou, les vraies raisons de la guerre sont autres : « Je crois qu’il est trop simple de présenter ces massacres comme des représailles des Tutsis contre les génocidaires Hutus du Rwanda. C’est pour d’autres intérêts que l’on tue les gens… Et vous savez lesquels… ».
Direction le sous-sol

D’après Brian Wood de Amnesty International qui a suivi de très près les trafics d’armes dans l’est du Congo : « La vraie cause de cette guerre ethnique, c’est le contrôle des richesses minières… » Les Congolais le savent : leur pays possède l’un des sous-sols les plus riches de la planète. De l’or. Des diamants. Du cobalt. De la cassitérite et du coltan. Des métaux lourds indispensables à la révolution numérique. Ils servent à fabriquer les micro-condensateurs de nos téléphones portables et consoles de Playstation. Des milliers de mines plus ou moins artisanales émaillent l’est de la République Démocratique du Congo. Toute cette richesse a réveillé les appétits des pays voisins du Congo. L’Ouganda de Museveni et surtout le Rwanda de Paul Kagamé. A deux reprises, en 1996 et en 1998, ces pays envahissent le Congo. Ils semblaient porter une vision. Redessiner le cœur de l’Afrique. Mettre fin à l’autocratie ubuesque de Mobutu. Pour Washington qui l’avait installé au pouvoir dans les années 60, le vieux dictateur zaïrois est désormais rincé. Kagamé et Museveni s’imposent pour eux en nouveaux leaders du continent. Une coopération militaire est mise en place. Les forces spéciales américaines entraînent les éléments d’élite de l’armée de Kagamé (Voir « Le commerce de la terreur »). C’est l’envoyé spécial de Bill Clinton en Afrique, Bill Richardson, qui va à Kinshasa, remercier Mobutu pour ses services rendus et convaincre leur ancien allié de lâcher le pouvoir. Le Zaïre devient la République Démocratique du Congo.

Les Rwandais et les Ougandais vont se concentrer sur l’exploitation des régions minières proches de leurs territoires. D’abord directement. Puis, après la fin de l’occupation militaire officielle, par l’intermédiaire de partis et de milices qu’ils financent, arment et contrôlent. Les Ougandais se sont implantés en Ituri et les Rwandais au Nord Kivu. Chacun dans la région qui borde leur frontière. Officiellement, le Rwanda nie toute implication dans l’existence de ces milices. Un groupe d’experts de l’ONU dépêché dans la région au début des années 2000 a établi et documenté le lien organique entre les deux puissances régionales et le triangle mortel de cette guerre d’appropriation : milices-minerai-armes. Ils ont émis une série de rapports sur le pillage du Congo, implacables et terribles pour le Rwanda. La stratégie de « guerre par proxies » y est mise en lumière de manière explicite. Un chapitre d’un de leurs rapports de 2003 va rester secret. « Pour éviter les incidents diplomatiques », glisse l’un des auteurs sous couvert d’anonymat. Le document circule librement dans certaines ONG. Il y est clairement démontré comment le Rwanda entretient la guerre et l’instabilité pour servir ses intérêts : la « stratégie du Rwanda, écrivent les experts de l’ONU, consiste à amener sous son contrôle et son influence des portions importantes du territoire de l’est du Congo. (…) Le rétablissement du contrôle d’un gouvernement d’unité nationale mettrait en danger ce but de contrôle territorial. »

Et puis les hommes de l’ONU tentent de sensibiliser les multinationales minières présentes sur le terrain. Elles sont nombreuses. Belges. Suisses. Allemandes. Canadiennes. Américaines. Des entreprises comme Cabot Corporation de Boston, dont le PDG, Samuel Bodman, sera nommé Secrétaire d’état à l’énergie dans le gouvernement de Georges W Bush. Des entreprises qui transportent le minerai aussi, comme SDV, filiale à 100 % du groupe Bolloré dont les responsables sur le terrain sont parmi les seuls à avoir refusé de rencontrer le groupe d’experts (ce qui leur vaudra d’être dénoncés par le conseil de sécurité de l’ONU sur une liste noire aux côtés de Victor Bout, célèbre trafiquant d’armes russe). Les hommes des Nations Unies essaient de faire entendre que le business du minerai alimente directement la guerre. Il la légitime et il la finance. Qu’il faudrait désinvestir. Ils sont écoutés poliment mais dès leur départ les affaires reprennent. Et la guerre aussi. « Le niveau de mort au Congo, explique Brian Wood d’Amnesty International, c’est un 11 septembre par jour. »

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