LE TRAVAIL REND LIBRE... MON CUL !

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L'homme est né pour travailler comme l'oiseau pour nager !

La bible elle-même, qui n'est pourtant qu'un code « moral » destiné à maintenir l'homme dans une acceptation de sa servitude, le dit... Adam ne reçoit-il pas le travail comme une « punition divine » pour avoir osé prétendre à de simples plaisirs terrestres, dans ce recueil de contes ? La condition humaine ne serait donc qu'acceptation de souffrances, de servitude et de torture, dont le travail est un exemple ? Le mot même, travail, représente cette torture ! Travail viens du mot latin « tripalum », un instrument de torture utilisé contre les esclaves... Et cet exemple vaut dans plusieurs langages, « arbeit », le travail allemand, descend d'un verbe germanique qu'on pourrait traduire par "être orphelin, être un enfant utilisé pour une tâche corporelle rude", par exemple...

Pour en revenir à la définition latine du travail, on peut aussi considérer le fait que ce mot est sans doute le plus significatif pour définir la condition dans laquelle le travail nous maintien. Il n'existe, en effet, que deux formes de travail reconnues : l'esclavage et le salariat... Et encore, les différences entre les deux sont-elles minces ! Le maitre ne maintiendra son esclave dans un état de survie que dans le but d'exploiter la force de travail de cet esclave pour son bien personnel, pour s'enrichir. Quel est donc le but du patron et quels sont ses rapports envers le salarié ? Certains diront que la différence est grande, que le salarié a des libertés que n'a pas l'esclave... Mais ces libertés ne sont que l'acquisition faite, au prix du sang, de quelques droits, comme le droit de grève par exemple. Historiquement, de tels droits ont existé chez certains esclaves, suite à des soulèvements identiques à ceux des salariés...



Et qu'on ne me parle pas de cette démocratie comme d'un symbole de liberté... Elle est à l'image de la démocratie grecque, proclamée par Solon sur l'Agora ! Une démocratie basée sur 15 % de maitres et 85 % d'esclaves et de serfs ! Le nom des maitres et des esclaves a changé, mais le principe démocratique reste strictement identique ! Et comme dans cette Grèce antique, seuls les maitres ont le droit de règne !

Je revendique, pour ma part, le droit de ne rien faire, le droit de prendre mon temps, le droit à la paresse ! Cette paresse érigée en but ultime pour ceux qui nous exploitent et qui ont su faire rimer « argent » avec « paresse », comme le souligne Kasimir Malevitch, peintre russe du début du XXème siècle : « L'argent n'est rien d'autre qu'un petit morceau de paresse. Plus on en a, plus on peut goûter en abondance aux délices de la paresse. (...) Le capitalisme organise le travail de telle sorte, que l'accès à la paresse n'est pas le même pour tous. Seul peut y goûter celui qui détient du capital. Ainsi, la classe des capitalistes s'est-elle libérée de ce travail dont toute l'humanité doit maintenant se libérer. »

La paresse... horrible mot dans la tête de certains... Seuls ceux qui nous exploitent y ont droit sans aucun état d'âme ! Pour nous, profiter des plaisirs de la vie serait quelque chose d'impensable alors qu'eux y ont le droit ? Et pourtant, l'automatisation des moyens de production, les profits colossaux qui en découlent mais qui ne profitent qu'à une toute petite partie de la population terrienne suffiraient à pouvoir permettre à tous de revendiquer ce droit !

Mais la peur du chômage instaurée par ces dirigeants pour maintenir, voire augmenter, leur niveau de revenus et donc leur droit à se reposer sur le dos des autres, est un formidable outil de servitude !On instaure le travail comme seul lien social possible, faisant fi de la personnalité, des capacités de chacun ! Qui est celui qui, dans l'acceptation totale de ce système, se sent d'une quelconque utilité en dehors de son travail ? Et pourtant, tous ces « inutiles » ont énormément de capacités en eux, artistiques, sociales..., mais on leur a appris à ne pas les exploiter, à ne pas faire ce qu'ils aiment, pour se consacrer exclusivement au travail, sans détournement d'attention...

Le premier pas de l'intégration sociale consiste à se faire exploiter !



On met au ban de la société ceux qui sont en dehors du monde du travail, les abaissants à la position de sous-hommes, culpabilisant le chômeur pour la perte de son emploi, faisant de lui un parasite et un profiteur indigne de la société, alors que, tous nous le savons, la responsabilité de la perte d'un emploi ne se trouve que du côté de l'employeur ! On instaure une société de consommation de l'inutile en rabâchant que là est le bonheur et pas dans le fait d'être entouré d'amis, d'être auprès de la femme que l'on aime... Qui, sérieusement, préfèrerai finir sa vie devant le dernier téléviseur plasma mais seul plutôt qu'entouré de ceux qu'il aime ? C'est pourtant le monde que le travail et cette société nous offre ! Et, même si nous reconnaissons l'imposture de ce monde au fond de nous, nous n'osons pas bouger, de peur de devenir asociaux...

« On trafique les statistiques, on "occupe" les chômeurs au sens militaire du mot, on multiplie les contrôles tracassiers. Et comme malgré tout, de telles mesures ne peuvent suffire, on rajoute une louche de morale, en affirmant que les chômeurs seraient responsables de leur sort., en exigeant des preuves de "recherche active d'un emploi". Le tout pour forcer la réalité à rentrer dans le moule de la propagande. » (Die Glücklichen Arbeitslosen – 1996)

La politique de la terreur, le populisme, fonctionnent encore ! Des siècles de matraquage idéologique, de propagande, nous enchainent encore à ce type de fonctionnement... Pour combien de temps encore ? Quand cesserons-nous de réagir épidermiquement face à une situation de peur pour commencer à réfléchir, à nous comporter comme les animaux « évolués » que nous prétendons être ?

On nous a imposé ce sentiment d'insécurité qui ne sert que les esclavagistes, mais repose sur une imposture flagrante ! Ou est donc l'insécurité ? Dans le fait de pouvoir se faire plaisir ou dans le fait avéré de risquer sa vie et sa santé, le travail provoquant, chaque année, des dizaines de milliers de morts par accident ou par maladie professionnelle dans les pays dits développés ? Sans parler des maladies non reconnues tels l'accumulation de stress, l'alcoolisme ou la toxicomanie pour oublier cette vie inacceptable, les maladies « d'usure » dûes à un travail éreintant...

Et tout ça pour quoi ? Pour finir sa vie seul, avec un sentiment d'inutilité et surtout d'inachevé, le sentiment d'être passé à côté de sa vie ! Et encore, le discours actuel tend de plus en plus à faire jouer au retraité le même rôle que le chômeur, celui d'un parasite !

Il est temps de mettre cette société à bas, de faire tomber le masque de l'imposture ! Mais pas pour mettre en place une autre forme d'exploitation, ou la même qu'on voudrais présenter comme édulcorée ! Le travail n'est qu'une forme d'esclavagisme, quel qu'en soit le nom et quelle qu'en soit la durée et aucune liberté ne peux passer par cette forme de soumission !

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